Similaires au niveau de la syntaxe, le français de France et de Québec diffèrent (parfois beaucoup) au niveau du vocabulaire, des expressions et de l’accent (phonétique). Pour preuve : les films canadiens francophones comme ceux du talentueux Xavier Dolan sont sous-titrés en « français de France ». Quelles différences français France et Québec ?
Le Québécois aime les mots nouveaux
Même si des efforts sont faits pour l’éviter, l’anglais influence beaucoup le québécois. D’ailleurs, à la différence du français, on se tutoie facilement au Québec, comme en anglais où le vouvoiement formel n’existe pas (« you »). Au Québec on aime « bargainer » (to bargain = marchander), on utilise son « cellulaire » (cell phone = téléphone portable) et le « gas » signifie essence. Mais le québécois aime aussi transformer les mots pour mieux se les approprier : les podcasts deviennent baladodiffusion, le chewing-gum devient de la gomme à mâcher, faire les boutiques c’est magasiner, le pressing est un nettoyeur, la pâte à dents du dentifrice…
Attention aux contre-sens et maladresses
Car en québécois, un mot peut vouloir dire autre chose qu’en français de France. Par exemple, « Bienvenue » après un merci signifie « il n’y a pas de quoi ». Un « bonjour » à la fin d’une conversation signifie « au revoir ». Un déjeuner québécois est en fait un petit-déjeuner en France, et le dîner québécois est le déjeuner français. Une liqueur québécoise est une boisson gazeuse en France (pour un français, une liqueur est un alcool fort). Un chaudron là-bas est une casserole ici, char désigne une voiture, et chauffer une voiture veut dire… la conduire.
Expressions et autres curiosités
Comme nous, les Québécois ont des expressions bien à eux… Par exemple ? Pour dire aux gens de se calmer, pas moins de 8 façons de le dire : « Tords pas tes bas ! Capote pas ! Brise pas ta chaîne ! Garde tes shorts ! Grimpe pas dans les rideaux ! Mange pas tes bas ! Pogne pas les nerfs ! Prends ton gaz égal : du calme !
Aussi, on aime rajouter des -tu à la fin des questions (« Ils en veulent-tu ?» au lieu de « Ils en veulent ? »), on dit « Ach’teure » pour maintenant, « pantoute » pour pas du tout, ou on mouille ses « t » en disant par exemple « tsu es partsi »…
Voici un excellent petit résumé, en vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=HvQ_6pq8zf0
Canadiens : comment apprendre le français de France ?
Quoi qu’il en soit : le français canadien est une richesse. Seulement, pour des raisons pratiques en France (communiquer, travailler, étudier…), il peut être bon d’en gommer certains traits parfois trop forts. Première chose : savoir sur quels tics verbaux porter ses efforts : identifiez-les en passant un test gratuit en français. Ecouter le plus souvent du français de France (conférence, radio, TV, série…) et lire régulièrement la presse comme sur lapressedefrance.fr.



