Préambule : le cerveau, ce magnéto jamais au repos
Le cerveau est un coffre-fort extraordinaire qui marche en permanence, mais qui ne peut pas enregistrer chaque seconde de notre vie.
Des chercheurs ont identifié des conditions propices pour que le cerveau puisse fixer (on appelle cela encoder) le souvenir ou l’information. Parmi les plus déterminantes, il y a :
- un bon degré d’attention et de vigilance (être concentré, ou avoir eu l’attention attirée comme par des moyens mnémotechniques),
- un état émotionnel fort (ceux qui se souviennent par exemple parfaitement de ce qu’ils faisaient ou mangeaient lors des attentats de 11 septembre 2001),
- ou encore la motivation (comme par exemple un élève capable de réciter les scores de tous les matches de foot depuis 5 ans, mais qui est incapable de retenir le théorème de Pythagore…).
Bref : et si on essayait de recréer les bonnes conditions d’attention, d’émotion et de motivation pour mieux apprendre une langue étrangère. Cela donnerait des cours de langues nouvelles générations, que l’on peut faire chez soit en plus des cours CAMPUS LANGUES, qui font plaisir et ne donnent pas l’impression d’apprendre. Par exemple ?
Sing & Learn : sous la douche, la pluie, la couette…
Parfois, on chante en yaourt (vous savez, en imitant vaguement les paroles : d’ailleurs, Spotify a édité le classement des 10 chansons yaourt). Et bien c’est un tort ! Une récente étude de l’université d’Edimbourg (Écosse 1) a démontré l’efficacité du chant pour apprendre une langue étrangère. Selon le Dr Karen Ludke, qui a mené la recherche, « la mélodie peut participer à améliorer la mémoire en aidant les gens à se rappeler des mots et des phrases étrangères plus facilement. » À Washington, une école de chinois teste même le chant pour apprendre à de jeunes américains la langue aux 50 000 idéogrammes. En pratique ? Certains sites se consacrent à ce type d’apprentissage de l’anglais en chanson. En voici 2 gratuits par exemple : LyricsGaps et LyricsTraining. Ces sites permettent de choisir le niveau de difficulté souhaité et de s’entraîner avec les paroles de centaines de chansons : karaoké, textes à trou, questions à choix multiples… Ce sont des sites collaboratifs : les exercices sont composés par d’autres personnes inscrites, par des professeurs qui l’utilisent pour leurs élèves… À côté de cela, les logiciels de musique comme Spotify et Deezer participent à l’effort de guerre en proposant des modules karaoké. Les Beatles, U2, JayZ ou Beyoncé, profs d’anglais ? C’est beau la technologie.
Des cours en VOST
Rien de tel qu’une série ou un film pour se détendre, et en Version Originale Sous-Titrée pour muscler son anglais. La France, petit village d’irréductibles gaulois, n’en a pourtant jamais été fan : ici on double tout. Selon une étude de 2007, un programme en VOST pouvait entraîner une chute d’audience de 30% 2. Et selon une enquête de la Commission européenne, la France est le seul pays avec l’Espagne et la Belgique francophone où les programmes télévisés et les films au cinéma sont majoritairement doublés et non sous-titrés. Bo-ring.
Fort heureusement, les mœurs et les technologies ont tout changé. L’arrivée de la VM (Version Multilingue), et les nouvelles générations nourries au téléchargement et au streaming ont fait de la VO (ST ou pas) une référence. Et certains visionnaires en ont fait un outil pédagogique vraiment très intéressant, en utilisant les sous-titres comme support de cours d’anglais, d’espagnol… Sur SmartSubs.fr, Fleex.tv ou EnglishCentral.com les sous-titres sont interactifs et/ou donnent des définitions, synonymes, précisions… Idéal pour apprendre expressions idiomatiques, jeux de mot… Simple, mais tellement révolutionnaire !
Lire, étudier & travailler sans en avoir l’air
On passerait 4,8 heures par jour sur Internet. Imaginez si vous consacriez 20 minutes pour de l’anglais ? Les prétextes sont nombreux, qu’ils soient sur internet ou pas, les livres par exemple !
> en ligne, on s’aménage des flux RSS sur tous les sujets pour recevoir des infos souhaitées (actualité du monde, sport, jardinage…). On s’attardera aussi sur des sites qui proposent de muscler son anglais de façon ludique, comme celui de la BBC par exemple.
> en livres ou en BD. Aucune sélection officielle n’est faite : il s’agira donc de fouiner le web. Mais voici quelques tips chinés par-ci par-là, pour trouver des œuvres correspondant à votre niveau (pour savoir quel est votre niveau : passez un test gratuit !).
- Anglophones hésitants (niveau A1 – A2 du Cadre Européen Commun de Référence), dirigez-vous vers Les aventures de Tom Sawyer, Harry Potter ou Dr Jekyll & Mr Hyde.
- Les plus confirmés (B2) pourront lire les excellents Sur la Route (Kerouac), The Secret Diary of Laura Palmer (Jenifer Lynch) , The Firm (John Grisham) ou Shutter Island (Denis Lehane)… D’ailleurs : lire des œuvres adaptées au cinéma est un excellent moyen pour vous aider à mieux comprendre.
- Quant aux BDphiles anglophones, leur bonheur est ici : le Musée numérique des comics met en téléchargement gratuit plus de 15000 comics. Tintin ou Astérix sont idéaux pour bien commencer… Savez-vous d’ailleurs comment on dit Assurancetourix en anglais ? Cacophonix 😉
Et, pour finir, nous allons un peu reprendre notre casquette de English Teacher avec cette question : comment dit-on déjà « les doigts dans le nez », comme vu au début de cet article ?
Nous vous souhaitons à tous de bons films, chansons, BD, ou quoi que ce soit d’autre de plaisant et d’anglais !
1 menée par l’Université d’Edimbourg et publiée dans la revue Memory and Cognition.
2 Les besoins et les pratiques de l’industrie audiovisuelle européenne en matière de doublage et de sous-titrage, Media Consulting Group, 14 novembre 2007.



