Un circuit long, parfois encombré, mais toujours passionnant
La donne économique (mondialisation), l’échiquier politique (l’Europe), les bouleversements démographiques ont changé notre rapport aux langues. Elle est bien loin l’époque où l’anglais suffisait. Aujourd’hui, des langues comme le chinois, le polonais, l’indien ou le brésilien sont devenues précieuses et recherchées. Le français, 14e langue pratiquée au monde derrière l’allemand, l’espagnol ou le coréen, n’est pas dans le peloton des idiomes les plus enseignés et/ou recherchés… En France, nous l’avons bien compris et en apprenons beaucoup, des langues. En 2014, ils étaient plus de 110 000 (1) étudiants inscrits en langues, dont 74,1% sont des étudiantes (elles montreraient d’ailleurs de meilleures compétences que les garçons en anglais, selon une étude EF EPI). Si l’on va au bout de ses 5 ans études, on peut espérer devenir interprète, traducteur, enseignant ou chercheur. Ces débouchés étroits (qui n’ont absorbé en 2014 que très peu d’étudiants) trouvent de nouvelles ramifications avec des secteurs comme le commerce, la communication, le marketing, le tourisme, où la maîtrise d’une ou de plusieurs langues est un atout qui se valorise sur un CV. L’anglais est incontournable. L’espagnol est précieux. Le chinois est un vrai plus.
Les débouchés académiques : d’enseignant à chercheur
Les débouchés après des études de langues offrent peu de postes, avec pourtant un long cursus de 5 à 8 ans.
- Traducteur (écrit) et interprète (oral).
Le traducteur travaille en grande majorité sur des documents juridiques et financiers (contrats, bilans, rapports annuel…), techniques et scientifiques (brevets modes d’emploi, articles…), commerciaux (publicité, courriers, etc.), audiovisuel (DVD, internet, sous-titre…), ou plus rarement sur des romans. L’interprète, lui, traduit le discours d’un orateur étranger. Il interprète, c’est-à-dire il comprend et restitue l’idée avec la même intensité et la même intention, sans traduire mot à mot. L’interprétation peut se faire a posteriori, on en simultané.
Les écoles : l’École Supérieure d’Interprètes et de Traducteurs (ESIT) pour un master professionnel, l’ISIT (Institut de Management et de Communication Interculturels, anciennement Institut Supérieur d’Interprétation et Traduction) et l’École Supérieure de Traduction et de Relations Internationales (ESTRI, à Lyon : de bac+3 à Bac+5). - Enseignant en langues : en plus de maîtriser parfaitement la langue, il va s’agir de maîtriser sa classe. Aisance relationnelle, écoute, patience, pédagogie et fermeté sont quelques-unes des qualités nécessaires. C’est l’anglais qui offre le plus de débouchés : aujourd’hui, plus de 90 % des élèves de 6e le choisissent en LV1.
Le parcours ? Il faut être titulaire d’un bac+5 (master) pour prétendre passer le concours : CAPES pour collèges et lycées, CAPEP pour établissements privés, CAPET et CAPLP pour l’enseignement technologique et professionnel, ou l’agrégation – niveau doctorat, pour les classes préparatoires ou université. Avant de passer ces concours, nous conseillons de passer par une licence LLCE (Langues, Littératures et Civilisations Étrangères), un master mention MEEF mention “second degré” dans la matière d’enseignement souhaitée, ou par les Écoles Supérieures du Professorat et de l’Éducation (ESPE) rattachées à une académie, qui proposent des masters spécialisés et professionnels. La session 2014 du CAPES a ouvert 1 000 postes de professeurs d’anglais. - Recherche : ces métiers consistent à étudier les langues parlées dans le monde (entre 3 000 et 7 000) et d’adapter ces langues aux évolutions de la société.
Le linguiste-chercheur, par exemple, s’appuie sur une approche scientifique pour comprendre et décortiquer les langues. Il travaille en organisme de recherche, à l’université comme enseignant-chercheur (bac+8), dans des sociétés privées (comme pour de la reconnaissance et de la synthèse vocales).
Le terminologue : entre la traduction scientifique, littéraire et technique, il cherche les adaptations françaises les mieux adaptées, notamment pour les néologismes, les mots anglais (comme WalkMan = Baladeur, Email = Courriel) et les mots techniques et scientifiques. Il peut travailler dans des organisations (ministère, ONU, Union Européenne), agences de traduction ou grandes entreprises industrielles ou université comme chercheur ou enseignant.
1001 autres métiers pour vos langues étrangères
Et puis il y a tous ces métiers qui ont ouvert des débouchés aux études de langues, avec notamment l’ultra-mondialisation : le monde est un village, où l’anglais, le chinois ou l’espagnol peuvent être de sacrés avantages.
Les deux tiers des diplômés en langues rejoindraient d’ailleurs des entreprises. Ils ont souvent suivi la filière Langues Étrangères Appliquées (LEA), plus orientée vers l’entreprise. Avec deux langues étudiées à niveau égal, elle se concentre sur une pratique en contexte professionnel, avec notamment des matières comme économie, gestion, droit, commerce, tourisme… Après la L2, on peut s’orienter vers une licence professionnelle (guide-conférencier, hôtellerie internationale et hébergements touristiques…).
Pour quoi faire ? Des métiers de l’international, par définition : ils peuvent se retrouver partout. Chef de chantier, diplomate, assistant marketing, nounou… tous les métiers sont concernés dès lors que l’entreprise et/ou l’opportunité sont internationales. Quels sont les secteurs qui ont le vent en poupe ?
- Le marketing / commerce : commercial import-export, ingénieur technico-commercial, communication (chargé des relations publiques) et la gestion administrative (assistant trilingue) recrutent beaucoup.
- La restauration : de serveurs à responsable, la restauration est toujours en recherche.
- Le tourisme : guide touristique, hôte en agence, accompagnateur de voyages ou hôtesse de l’air / steward, 2 ou 3 langues sont d’excellents arguments.
- Les services (si entreprise internationale) avec notamment la possibilité de faire un VIE (voir notre articles « travailler à l’étranger »). Bien des postes peuvent alors s’ouvrir selon votre formation : administrateur de mission humanitaire, Ingénieur(e) pétrolier, chef de projet international…
Comment choisir votre formation ?
Il existe de nombreux tests d’orientation ou des fiches métiers expliquant clairement les métiers (votre moteur de recherche vous en trouvera des centaines). Si vous préférez des contacts plus humains, rendez-vous auprès d’une conseillère d’orientation (dans des centres CIDJ par exemple), ou renseignez-vous directement auprès de personnes exerçant déjà le métier souhaité (vous les trouverez lors de salons étudiants ou de salons de l’orientation). L’occasion de vous renseigner plus précisément sur les missions, les qualités nécessaires, le niveau d’études, les débouchés…
Mais avant tout, il vous faut être sûr de votre niveau de langues avant de vous lancer : en effet, ces métiers demandent un niveau proche du bilinguisme. Il n’y a rien de grave à ne pas l’être encore : mais il faut prévoir d’y travailler. Testez gratuitement votre niveau d’anglais avec CoursLangues : cela prend quelques minutes, pour être sûr !
À très bientôt !
(1) : education.gouv.fr



